Monsieur PHILIPPE est le fondateur du Club Voltaire.

C'est aussi ce qu’on appelle un « pionnier » du judo en France.

Il est professeur de culture physique lorsque sa curiosité pour un sport pratiquement inconnu en France à cette époque le conduit à s’inscrire au Judo Club de France en 1943. Il devient ainsi l’élève de Maître KAWAISHI. Pratiquant assidu, il passe obtient sa ceinture noire en novembre 1945. C’est la ceinture noire N°41.

Il suit sa formation de professorat sous la direction de Monsieur BEAUJEAN, lui ceinture noire N°8.

Monsieur PHILIPPE ouvre le Club Titon en 1946 à l’âge de 34 ans. Club Titon qui deviendra le Judo Club Voltaire en 1953 en changeant d’adresse, puis le Club Voltaire actuel étant donné la diversité des disciplines enseignées.

Dès l’ouverture du club, il y règne l’esprit qui avait motivé son choix pour le judo, et il faut reprendre les propres termes de Monsieur PHILIPPE :

« L’esprit, c’est à dire la recherche de l’habileté avec comme référence première la souplesse du corps contre la force brutale. J’estime que cette discipline entraîne la formation de l’individu. Elle lui permet d’exploiter au maximum ses possibilités dans tous les domaines, de considérer sa vie comme une expérience de tous les instants et, partant de cette analyse, de devenir le co-auteur de soi-même ».

Sur un mur de la salle du Club Titon, il y avait inscrit cette phrase : « Le vainqueur est souvent celui qui sait perdre ».

Plus tard le devise inscrite à l’entrée des vestiaires du Club Voltaire fut « Le geste & la pensée ».

Monsieur PHILIPPE forme un nombre important de ceintures noires qui deviennent à leur tour des professeurs qui ouvriront leurs propres salles de judo en région parisienne ou ailleurs. Monsieur RENELLEAU qui prendra plus tard la direction de Voltaire en fait partie.

Il était soucieux de voir que la pratique du judo tendait à privilégier l’aspect purement sportif au détriment de l’aspect formateur de l’individu telle qu’elle est décrite par son fondateur Jigoro KANO. Pour cette raison, il fonde une association qui réunit tous ces professeurs qui ont tous la même idée de leur discipline. Le CPJT, Cercle Pédagogique de Judo Traditionnel, va vite prendre une dimension importante, de part ses activités, le nombre de ses adhérents et l’influence de ces membres au sein du Judo Français. En effet nombre d’entre eux occupent des fonctions importantes dans les organismes qui encadrent le judo en France.

Toutes ces ceintures noires et professeurs se retrouvent régulièrement au Club Voltaire qui est en quelque sorte le point de départ de leur vie de judoka. On y assure la formation des professeurs avec des cours pédagogiques, la formation physique avec un aspect particulier pour la compétition et une formation « Médecine Judo ». Puis le CPJT devant le phénomène des inscriptions d’enfants de plus en plus jeunes, oriente son travail sur l’enseignement du judo chez les plus jeunes. Il travaille particulièrement sur une progression qui amène l’enfant en douceur à la compétition en tenant compte de sa psychologie et de sa physiologie. Cette progression est aujourd’hui reconnue et pratiquée à l’échelle nationale.

Le Club Voltaire continue de former des ceintures noires, des professeurs, le CPJT continue ses activités et les nombreux adhérents issus directement ou non de Voltaire continuent de se réunir et de pratiquer le judo privilégiant la forme et l’esprit et en gardant en tête qu’on ne dissocie pas « le geste et la pensée ».